Confessions d’un journaliste: non ce n’est pas un bon sujet d’article

La semaine dernière, j’ai démarré une série d’articles appelés "Confessions d’un journaliste." Chaque semaine, je révèle quelques uns de mes sombres petits secrets liés à mes dernières expériences en tant que blogueuse technique/startup en France et en Europe.

La semaine dernière, j’ai avoué pourquoi je pouvais parfois ne pas lire les communiqués de presse. Cette semaine je vais aller un peu plus loin et vous dire ce qui me donne envie d’écrire sur un sujet.

D’ici, vous vous ressemblez tous.

Si vous avez déjà assisté à plusieurs évènements de networking dans votre vie, vous voyez très bien de quoi je veux parler. Vous rencontrez de nombreuses personnes incroyablement talentueuses, qui travaillent toutes pour de supers entreprises (du fond d’investissement à la start-up qui change les modes de vie). Mais au cours du temps, elles finissent toutes par se mélanger. Mettez un groupe de révolutionnaires et différentes idées dans la même salle et à la fin vous ne verrez peut-être plus qu’une simple foule. Et bien il se passe plus ou moins la même chose lorsque vous écrivez 24/7 sur les idées "formidables" des startups. Et c’est valable pour n’importe quelle industrie : dans l’ensemble tout finit par plus ou moins se ressembler.

"Il était une fois…"

Je me suis rapidement rendue compte que les entrepreneurs peuvent avoir un sujet d’article absolument génial et ne même pas s’en rendre compte. Un exemple qui me vient à l’esprit est la startup française MadMagz. Parler simplement d’une plateforme sur laquelle les gens peuvent réaliser des magazines ne m’enthousiasmait pas vraiment. Mais ensuite, j’ai découvert qu’un des premier utilisateur était un petit garçon de 9 ans qui avait utilisé la plateforme pour imprimer ces adorables magazines. Là, j’étais séduite.

Après la publication l’article sur le sujet, il a été repris par différentes sources en France (et il mettait évidemment en avant la simplicité d’ utilisation du produit vu que même un petit garçon de 9 ans pouvait s’en servir facilement). Ceci dit, cette histoire semble beaucoup moins impressionnante à l’heure actuelle où même les bébés s’amusent avec les applications iPad.

Un bon moyen de savoir ce qui rend une histoire intéressante ou pas est d’en parler à des personnes EN DEHORS de votre propre industrie. Regardez quelles sont leurs réactions et ce qu’elles trouvent intéressant. Identifiez également quels sont les autres sujets de discussion pour voir si vous pouvez en faire un sujet intéressant.

"Un chien a réalisé un site internet avec notre produit."

Après la publication de l’histoire de MadMagz, certains entrepreneurs pensaient que ce genre d’histoire était une valeur sure avec moi, et ils commencèrent à me faire part d’absurdités. A un moment, on m’a même parlé d’un chien qui avait réalisé un site internet. S’iiiil vous plaîîît. Si vous devez créer une histoire, assurez-vous qu’elle soit basée sur des faits réels (dans la mesure du possible). Ceci étant, si vous avez réellement un produit qui permet aux chiens de réaliser des sites internet, svp contactez-moi…

De plus, on peut penser qu’il y a des informations qui font toujours un bon sujet : une levée de fonds, le lancement d’un nouveau produit, etc. Mais ce n’est pourtant pas le cas.

La vérité sur ces "bon sujets" qui ne sont pas bons.

C’est la vérité, il peut y avoir des moments où vous briefez les journalistes à propos d’un bon sujet d’article et ils reviennent vers vous en vous disant qu’il ne s’agit pas d’un bon sujet. En fait, ce qu’ils veulent peut-être dire c’est que "ce n’est pas un bon sujet pour eux."

Je me suis souvenue de cela récemment avec l’ancien rédacteur de Mashable, Ben Parr. Je lui ai parlé d’un sujet qui a été largement repris dans les journaux français, mais il mettait un point d’honneur à me dire qu’il ne s’agissait pas d’un bon sujet d’article. Il s’avère que ce n’était juste pas un sujet adapté à Mashable. Il y a de nombreux journaux, c’est pourquoi la plupart du temps il faut juste s’assurer de contacter les bonnes personnes.

Je ne peux pas vous dire le nombre de fois où j’ai été contactée pour écrire sur le lancement d’une application iPhone pas du tout innovante pour une entreprise de camion, de matelas, de café et bien d’autres, juste parce que pour l’équipe des RP je suis forcément intéressée par une application iPhone. Pour moi ce n’était vraiment pas un bon sujet. Mais, encore une fois, pour un site qui recense les applications iPhone, un site sur les camions, les matelas ou les cafés il s’agissait peut-être d’un bon sujet d’article.

Vous ne savez pas vraiment ce sur quoi les journalistes d’un certain journal veulent écrire ? Demandez leur simplement, en les contactant par email, Twitter, Linkedin, Quora, etc. Par exemple, voici certains aspects qui font qu’une startup peut être mentionnée dans TechCrunch, décrits par des auteurs du blog.

Et alors ?

La seule chose que les journalistes vont tous chercher à savoir, quelque soit l’industrie, est le "et alors" à la fin du sujet. C’est la morale de l’histoire, la raison pour laquelle les gens s’y intéressent, les leçons à en tirer. Vous devez rendre très explicite la raison pour laquelle ce sujet les intéresse eux et leurs publics. Par exemple, une start-up qui développe le plus ridicule des produits hi-tech peut ne jamais être relayée si elle n’arrive pas à montrer à un journaliste à quel point son produit va révolutionner la vie de nombreuses personnes.

Voici la conclusion que j’ai trouvée dans article de Fast Company sur les chiffres qui prouvent que le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée. Pourquoi cela devrait intéresser les gens ? Parce qu’un bon petit déjeuner peut leur assurer une bonne santé et une meilleure ligne, et les statistiques le prouvent.

Dans la plupart des cas, ces fameux "et alors" devraient en réalité arriver dès l’introduction lorsque vous vendez un sujet d’article. Si je ne comprends pas immédiatement l’intérêt d’un sujet, je n’écrirai probablement pas dessus…

Si vous avez d’autres remarques ou questions sur ce qui rend un sujet intéressant, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

Confessions d’un journaliste : vous croyez vraiment que je lis vos communiqués de presse ?

Cet article est le premier d’une nouvelle série d’articles que je vais rédiger à propos de mon expérience en tant que journaliste/blogueuse. J’ai écrit et continue de collaborer avec de nombreux magazines (TechCrunch, Business Insider, the Telegraph, the Kernel, Betakit et autres) et je couvre principalement le sujet des startups technologiques. Cela étant, les conseils suivants sont applicables à toutes les industries vu que le journalisme évolue énormément avec le développement deS nouvelles plateformes sociales.

Sujet 1: Le bien aimé communiqué de presse.

J’ai délibérément choisi un titre un peu provocateur, mais que les départements de communications et les RP ne s’affolent pas, je LIS vos communiqués de presse. Enfin… si ils sont bien faits.

Qu’est ce qui fait un bon communiqué de presse ?

Tous les RP ou experts en communication sont très familiers avec le communiqué de presse, à savoir, une déclaration écrite officielle envoyée aux médias pour une annonce ou pour partager certaines informations. La plupart du temps, les entreprises envoient des communiqués de presse pour "officialiser" des nouvelles : le lancement d’un nouveau produit, un nouveau financement, une acquisition etc.

Les communiqués de presse varient énormément selon les industries. Dans le secteur des technologies, les communiqués de presse font 1 à 2 pages maximum, le ton est assez neutre et il y a plus de texte que d’images. Mais si vous jetez un coup oeil aux communiqués de presse d’industries plus "visuelles" comme la mode ou les cosmétiques, vous verrez que le ton est souvent est bien différent, qu’il y a beaucoup de couleurs, de photos et très peu de texte. Voici en exemple un communiqué de presse de la marque Soap and Glory qui attire vraiment l’oeil :

Si pour comparer vous voulez l’exemple d’un communiqué de presse beaucoup plus sobre, regardez le kit de presse d’Ebay. Honnêtement, il n’y a pas un style meilleur qu’un autre, ils sont en fait adaptés à leurs publics.

De bons communiqués de presse ont bien sur un titre accrocheur (je n’insisterais jamais assez sur l’importance du titre vu que je reçois chaque jour des centaines d’emails qui se ressemblent tous) et contiennent des informations pertinentes selon les sujets traités. Certains journalistes publient le contenu des communiqués de presse plus ou moins tel qu’ils le reçoivent. Cependant, beaucoup de journalistes souhaitent (espérons-le) aller plus loin. En fait, ils veulent publier quelque chose d’unique, qui diffère de ce que vous proposez dans votre communication standard. Assurez-vous donc de garder quelques informations intéressantes pour les journalistes avec lesquels vous voulez vraiment développer de bonnes relations.

Les actualités derrière l’annonce.

Les équipes de communication et de RP traditionnelles restent peut-être accrochées à leur précieux communiqué de presse, mais les journalistes, eux, cherchent de plus en plus à trouver des informations par d’autres moyens, et il y a de nombreuses plateformes sociales absolument géniales dont ils se servent dans cette optique là. Je mentionne certaines d’entre elles dans un précédent article sur les nouvelles plateformes sociales que les entreprises devraient prendre en compte : Pinterest, Quora et Instagram. Mais bien sur, la liste est beaucoup plus longue et inclut la plupart du temps Facebook, Twitter, YouTube, Foursquare et les autres. Ces différentes plateformes sont à présent considérées comme des sources d’information fiables, et les mises à jour des statuts Facebook, les Tweets, les Q&A de Quora et les checkins sur Foursquare peuvent tous être cités dans un article.

Voici par exemple un article dans People Magazine sur l’actrice Melissa Joan Hart. Vous remarquerez que la citation de l’article pointe directement vers son compte Twitter…

Les journalistes adorent ces nouvelles sources car les faits sont facilement et rapidement vérifiables et ils peuvent directement utiliser les citations. Les équipes de communications et RP devraient réfléchir à la manière d’utiliser ces différentes plateformes lorsqu’elles communiquent auprès des journalistes et ajouter à leurs communiqués de presse des Tweets, Q&A Quora, checkins sur Foursquare etc. Ou alors, laisser tomber le communiqué de presse; dans certaines occasions, un très bon Tweet peut être suffisant pour écrire un article…

Attention car tout le monde peut voir.

Ceci étant, n’oubliez pas que les plateformes sociales sont publiques et que tout le monde peut y accéder. Les informations publiées sur ces plateformes perdent donc leur exclusivité si le journaliste ne les publie pas rapidement et que de nombreuses sources reprennent l’information. Vérifiez que vous contrôlez ce que vous publiez et ce que vous dites aux journalistes, et ajoutez toujours une exclusivité si vous le pouvez.

Mais non, les communiqués de presse ne sont pas morts.

Il est naturel de vouloir tirer la conclusion que les communiqués de presse sont sur le déclin, mais ils ne sont clairement PAS mort. Ils font juste face à une petite métamorphose avec l’évolution du web social. Mais il est important de reconnaître que les habitudes de communication sont en train de changer tout comme la manière dont les journalistes et blogueurs reçoivent et relaient l’information.

Deux trois petites choses à éviter…

Dans le passé, j’ai vu de nombreuses entreprises faire tout type de choses non appropriées avec leurs communiqués de presse. Par exemple, une entreprise avait l’habitude d’envoyer un communiqué de presse tous les mois pour annoncer une "nouvelle" fonctionnalité de leur produit. Il est rapidement devenu une évidence que ces fonctionnalités étaient plutôt basiques et qu’il s’agissait d’une stratégie de communication plutôt pauvre. Avec le temps, j’ai cessé de lire leurs communiqués.

Une autre chose qu’il est nécessaire de vérifier c’est que vous envoyez le communiqué dans la bonne langue (la langue dans laquelle le journaliste va publier l’information) et au bon format. Si il y a des éléments (photos, vidéos, liens) que le journaliste souhaite intégrer dans son article, assurez-vous de les lui envoyer en même temps que l’email original (il y a maintenant différentes solutions qui vous permettent de construire des kits de presse dynamiques et interactifs, dont Augure). N’envoyez pas de pièces jointes trop lourdes car elles peuvent rester bloquées ou énerver les journalistes. En fait, les journalistes vous contacteront surement pour avoir les éléments qui les intéressent et dont ils ont besoin.

Maintenant, si il y a des journalistes, RP ou experts de la communication qui souhaitent partager d’autres informations, conseils, qu’ils n’hésitent pas.

3 nouvelles plateformes sociales que les entreprises devraient prendre en compte !

En 2004, les entreprises n’avaient aucune raison de prêter attention au lancement de Facebook. La plateforme était ouverte uniquement à un nombre limité d’étudiants d’universités américaines et personne ne voyait quelle pouvait être la valeur d’un « poke » en termes de business. Facebook n’était rien d’autre qu’un chat pour étudiants… N’est-ce pas ?

Quelques années plus tard, au moment où Twitter et Youtube sont apparus, Facebook était déjà en bonne voie pour devenir la principale plateforme sociale et les entreprises commençaient à s’y intéresser. Facebook a développé le concept de page à thèmes en 2007 et les a adaptées pour les entreprises en 2009. Depuis le 22 avril 2010, avec l’apparition du le fameux bouton « Like », plus personne ne remet en question le potentiel de Facebook pour les entreprises.

Mais tandis que les entreprises cherchent à tirer profit de Facebook, on constate toujours une certaine réticence par rapport aux autres réseaux sociaux, peut-être parce qu’aucun n’est devenu aussi puissant et populaire que Facebook avec ses 800 millions d’utilisateurs. Même des plateformes telles que Twitter, qui a réussi à faire trembler des gouvernements du monde entier, continuent de lutter pour convaincre les entreprises de leur vraie valeur en terme de business.

Ce n’est pas parce qu’une plateforme n’a pas 800 millions d’utilisateurs qu’elle ne peut pas créer de la valeur à votre entreprise. Les stratégies innovantes des plateformes sociales peuvent souvent entraîner une augmentation du nombre d’utilisateurs et followers. Voici 3 nouvelles plateformes que vous devriez prendre en compte, si ce n’est déjà fait :

1. Quora

Créée en 2009 par une poignée d’anciens fondateurs de Facebook, Quora est la réponse du web social à Yahoo Answers. Ce site social Q&A peut ne pas sembler si différent des autres, mais la stratégie de l’entreprise pour attirer de nouveaux utilisateurs a encouragé des professionnels reconnus à utiliser la plateforme. Par exemple, vous pouvez y trouver des questions et des réponses de personnes telles que le cofondateur et l’ancien CEO de Sun Microsystems, Vinod Khosla.

Mais quelle valeur ajoutée pour les entreprises ? Cette plateforme peut vous aider dans tous les domaines, qu’il s’agisse de recruter de nouveaux talents ou de vous mettre en relation avec des clients potentiels ; elle vous permet de mettre en avant votre expertise. C’est un peu moins marrant que « poker » et « retweeter » mais encore une fois, c’est nettement plus professionnel. En démontrant clairement votre expertise sur des sujets pertinents, vos réponses feront référence. Ceci devrait ainsi vous aider vous et votre entreprise à obtenir une meilleure exposition. Vous ne me croyez pas ? Lisez comment HelpJuice a utilisé Quora pour acquérir des clients.

On peut aussi l’utiliser de manière plus indirecte pour le service client. Si vous remarquez qu’une question en relation avec votre secteur d’activité attire beaucoup de followers, il serait probablement judicieux de s’y attarder un peu. Mashable’s Heather Whaling fait part de l’exemple de Kevin Systrom, CEO d’Instagram, qui utilise la plateforme pour répondre ouvertement aux questions concernant son entreprise.

Pour en savoir plus sur la manière de développer votre présence sur Quora et les bénéfices que vous en tirerez, regardez cet article de Inc. Magazine.

2. Instagram

L’application qui a été élue meilleure application pour mobile d’Apple en 2011 est beaucoup plus qu’une simple application de partage de photos. De nombreuses marques, de Starbucks à Burberry et MTV ont découvert la magie de cette application, qui s’attache à fournir des photos de qualité plutôt que d’imposer des produits et des services aux utilisateurs.

Comme avec beaucoup de plateformes sociales, les experts encouragent les utilisateurs d’Instagram à continuellement poster et attirer les followers et les utilisateurs. Mais ce qui différencie Instagram des autres plateformes sociales est le côté visuel. En effet, les entreprises peuvent présenter des contenus de manière fun et créative, les rendant ainsi plus attrayants. Même si votre produit n’est pas très visuel, vous pourrez facilement lui créer un univers visuel attractif.

Instagram lui-même publie des ressources à destination les marques pour leur expliquer comment tirer profit de la plateforme, et on y retrouve mon idée favorite : flash mobs ! Si vous souhaitez avoir plus d’infos et savoir pourquoi des entreprises telles que General Electric (regardez quelques-unes de leurs photos ici) et Puma « flockent » Instagram et voir le type de contenu qu’elles créent, lisez ceci.

3. Pinterest

La dernière plateforme sociale qui fait de plus en plus la une est Pinterest. Cette plateforme « pinboard » virtuelle permet aux utilisateurs d’organiser et partager leurs intérêts sur tout le web de manière visuelle. Et encore une fois, les entreprises n’ont pas manqué de remarquer le potentiel de Pinterest pour leurs activités.

Des entreprises telles que Birchbox, Whole Food et Scholastic ont développé de magnifiques présentations qui permettent de communiquer visuellement sur leurs domaines d’expertise. Comme évoqué dans un article Pinterest est « un conte visuel pour les marques», qui facilite la connaissance de celles-ci. Les marques peuvent l’utiliser pour communiquer sur leurs domaines d’expertise, mais aussi sur la culture de leur entreprise, leur responsabilité sociale et plus encore. De plus, « pinning » un bon contenu au bon endroit peut vous aider à générer du trafic sur votre site web ou sur vos réseaux sociaux. Regardez cet article pour obtenir plus de conseils sur la manière d’utiliser Pinterest au sein de votre entreprise, et si vous n’êtes toujours pas convaincu, regardez cette magnifique présentation de Nurun’s Gregory Pouy.

Il y a bien évidemment de nombreuses autres plateformes sociales. Mais ces trois-là sont réellement en train de faire la différence et de se frayer un chemin vers le top des réseaux sociaux. Dans les prochaines semaines, nous verrons des analyses plus poussées et différents conseils sur la manière d’utiliser correctement ces plateformes, et quelques autres.

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